Ce mardi, la commune de la Patte d’Oie a frôlé le pire : Cheikh Abdou Diabbar Mbacké avait interdit à son frère aîné Serigne Mame Mor Mbacké de se présenter devant ses employés de Transervice, qu’il avait conviés en réunion. Cheikh Abdou exprimait une frustration qu’il partage bien de ses nombreux frères et sœurs. Il reproche à leur frère aîné, Khalife de Serigne Mourtada Mbacké d’avoir non seulement fait main basse sur la nombreuse fortune de leur père, mais également de phagocyter les sociétés qu’il leur a léguées : Serigne Mame Mor Mbacké a créé sa société de transports, Transervices, dans l’antre de l’entreprise de bus laissés par son père dont la société est dénommée Al Ahzar Transport. De même, il projette de construire une université dans l’enceinte de l’Institut Al Ahzar de Touba Ndame, qui est le premier des nombreux établissements d’enseignement et d’éducation créés par le regretté Serigne Mourtada Mbacké. Le conflit était latent. Récemment ses frères s’étaient soulevés, par presse interposée, contre son accaparement des biens laissés par leur père. Des médiations s’en suivront. Mais, c’était oublier que quelqu’un qui hérite de milliards ne peut pas se résoudre dans la dèche ; surtout si celui qui était sensé les gérer et les partager avec lui se sert à volonté. Le conflit est devenu inévitable, parce qu’autres temps autres mœurs. Autrement, si du vivant des fils de Serigne Touba chacun d’eux trônait à la tête de ce qui lui était légué, cette tradition risque de ne plus prospérer avec l’ère des petits-fils. Car, la « fonction » de marabout rapporte de moins en moins. La crise financière y est pour quelque chose, l’émancipation des disciples également. Seul le travail paye. Les jeunes marabouts le comprenant veulent leur part d’héritage. Les héritiers de Serigne Mourtada ont donné le ton. Si cette querelle ne les honore pas, elle risque quand même de faire tache d’huile. Il est vrai que la famille du regretté Serigne Saliou Mbacké, frère aîné de Serigne Mourtada, n’a pas fait beaucoup de bruit au sujet de son héritage, mais des dents avaient quand même grincé. C’est l’ère de la mondialisation, rares seront les îles qui vont échapper à la loi de la globalisation. Cheikh Abdou Mbacké va ester en justice contre son frère. Inédit entre Mbacké-Mbacké, pour des problèmes d’héritage.
La Redaction
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