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Le Cri de Cœur de Charles Faye : Une Presse Indépendante en Péril


Rédigé par leral.net le Jeudi 27 Février 2025 à 17:30 | | 0 commentaire(s)|

Dans un message poignant et empli d'amertume, Charles Faye, fondateur de Maderpost, MADER TV et du groupe de presse Mader, a dénoncé avec force l'exclusion injuste de son média du soutien de l'État. Il dresse un tableau alarmant de la situation économique dans laquelle se retrouvent de nombreux organes de presse indépendants au Sénégal, soumis à des décisions arbitraires sans considération pour leur réalité financière et leur impact social.

Une exclusion brutale et injustifiée

Malgré une existence légale conforme aux exigences administratives – inscription au Registre de commerce, obtention du NINEA, paiement des impôts et perception d'une aide infime de l'État (5 millions FCFA en trois ans) – Maderpost, MADER TV et le groupe de presse Mader ont été brutalement écartés. Aucune considération n'a été accordée à leur modèle économique, leur stratégie de développement ou encore leur contribution à l'emploi et à la formation journalistique.

Cette situation met en difficulté non seulement les employés directs du média, mais aussi tout un écosystème d'acteurs économiques dépendant de son activité. Il cite l'exemple d'une restauratrice qui fournissait les repas quotidiens du personnel, aujourd'hui désemparée face à cette perte de revenu. L’exclusion soudaine de Maderpost, MADER TV et du groupe de presse Mader ne se limite pas à un préjudice pour l'entreprise elle-même, mais touche toute une chaîne d'acteurs économiques de proximité.

Une presse fragilisée par l’absence de soutien structurel

Le cri de colère de Charles Faye met en lumière un véritable paradoxe : au lieu d'accompagner les entreprises médiatiques avec une vision à long terme, l’État semble préférer une stratégie d'exclusion et de fragilisation de la presse indépendante.

Les charges fixes loyers, factures d’électricité et d’internet, frais de reportages, charges fiscales et sociales deviennent insoutenables pour les structures privées qui, contrairement à d'autres secteurs, ne bénéficient pas d'un véritable accompagnement financier et institutionnel.

Un adieu teinté d’ironie et de résilience

Malgré cette injustice, Charles Faye salue la fidélité de ses lecteurs et followers, qui ont toujours soutenu son média. Avec une pointe d'ironie amère, il rappelle que « le cauchemar est aussi un rêve », signifiant ainsi que cette épreuve ne marque pas la fin de son engagement journalistique.

Son message s'achève sur une note d’espoir teintée de patriotisme : « Dieu bénisse le Sénégal ». Une manière de rappeler que, malgré les difficultés, la presse libre et indépendante demeure un pilier fondamental de la démocratie et du débat public au Sénégal.

Mobilisation sur les réseaux sociaux et les ondes

Afin de sensibiliser davantage le public, le groupe de presse Mader prévoit une série d'émissions spéciales sur MADER TV et sa radio affiliée pour débattre des enjeux de l'indépendance des médias au Sénégal. Une campagne de mobilisation est aussi lancée sur les réseaux sociaux sous le hashtag #SoutienMader, visant à alerter sur la situation et à réclamer plus de transparence dans la gestion de l'aide à la presse.

Appel à la solidarité et à l'engagement citoyen

Le groupe Mader invite tous les acteurs du secteur médiatique, les organisations de défense de la presse et les citoyens à se mobiliser pour défendre une presse libre et indépendante. Des pétitions et des manifestations pacifiques sont en cours d'organisation pour interpeller les autorités sur l'importance d'un soutien équitable à l'ensemble des médias.

Le combat pour une presse indépendante continue, et Maderpost, MADER TV et le groupe Mader comptent bien rester debout, fidèles à leur devise : "Vis ton rêve".

Mame Fatou Kébé