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Tribune dans "Le Parisien" : Les dessous de la mise en garde de Jean-Christophe Rufin

Dans une tribune au « Parisien Dimanche », Jean-Christophe Rufin, écrivain, académicien et ancien ambassadeur de France au Sénégal (2007-2010), lance une alerte qui mérite toute l’attention des nouvelles autorités sénégalaises. Son analyse, éclairée par une connaissance fine des dynamiques politiques et diplomatiques de la région, est à prendre au sérieux.


Rédigé par leral.net le Mercredi 25 Septembre 2024 à 15:24 | | 0 commentaire(s)|

Tribune dans "Le Parisien" : Les dessous de la mise en garde de Jean-Christophe Rufin
Rufin n’est pas un observateur extérieur : il connaît intimement le Sénégal, ses rouages et ses sensibilités. En tant qu’ancien ambassadeur, ses réseaux, tant à Paris qu’à Dakar, lui permettent d’avoir une vision précise des enjeux en cours. Durant son mandat, l’écrivain s'était notamment distingué par son opposition farouche au projet de dévolution monarchique initié par l’ancien président Abdoulaye Wade, en faveur de son fils, Karim.

Cette opposition lui avait valu des relations tendues avec le régime de l’époque, renforçant son image de diplomate franc-tireur, soucieux des principes républicains. Ce parcours témoigne de son attachement aux institutions démocratiques et de sa réticence à l’égard des dérives autocratiques.

Dans ce contexte, son avertissement sur le gouvernement de Ousmane Sonko, Premier ministre nouvellement nommé, peut être interprété comme un message à peine voilé en provenance du Quai d’Orsay, voire de l’Élysée. Paris semble inquiété par la radicalité du discours d'Ousmane Sonko, jugé populiste et potentiellement déstabilisateur pour l’équilibre régional.

À travers l’ancien ambassadeur de France au Sénégal, c’est peut-être une frange de la diplomatie française qui exprime ses doutes quant à la direction prise par Dakar. La tribune n’a pas manqué de provoquer des réactions immédiates au Sénégal, particulièrement au sein des partisans d'Ousmane Sonko. D’après le journal "Point Actu", le député Guy Marius Sagna a violemment réagi, accusant Rufin d’être un fervent défenseur de la Françafrique, cette politique jugée néocoloniale par nombre d’intellectuels africains.

Néanmoins, ces attaques, bien que bruyantes, sont peu susceptibles de déstabiliser Jean-Christophe Rufin. Homme de convictions, il est habitué aux controverses et a toujours fait preuve d’une grande fermeté face aux critiques. L’auteur de « Katiba », en somme, n’est pas un homme que l’on fait taire facilement. Sa tribune, loin d’être une simple opinion, doit être perçue comme le reflet d’une inquiétude profonde de la part de certains cercles diplomatiques français.

Les nouvelles autorités sénégalaises feraient bien de prêter attention à cette mise en garde, d’autant plus qu’elle émane d’une figure respectée, dotée d’un cuir épais et d’un sens aigu des réalités géopolitiques.


Ousseynou Wade