leral.net | S'informer en temps réel

Financement des PME-PMI : Le recours impérieux à des stratégies cohérentes

L’annonce du Premier ministre d’un financement de mille milliard de francs Cfa en faveur des PME-PMI (Petites et Moyennes Entreprises – Petites et Moyennes Industries), suscite un espoir pour relancer l’économie nationale, très éprouvée en ce moment et ne peut être qualifiée que de salutaire.


Rédigé par leral.net le Mercredi 26 Février 2025 à 16:04 | | 0 commentaire(s)|

Cependant, avant d’entamer ce processus, des mesures de sauvegarde devront être prises, pour que les attentes des différents acteurs (bailleurs comme bénéficiaires desdits financements) connaissent une satisfaction en l’espèce.

Des mesures devront faire l’objet d’exécution dans l’immédiat, certaines dans un court délai et enfin, d’autres feront l’objet de report, du fait que la situation économique et financière du Pays ne s’y prête pas.

En premier lieu, il est impératif de solder la dette intérieure qui évitera aux entreprises nationales déjà fragilisées, de sombrer davantage.

L’option d’une vérification des sommes réellement dues en la matière, pourra être menée ultérieurement,
Ensuite, un soutien immédiat aux entreprises en difficulté devient impérieux et à cet effet, des solutions concrètes de sortie de crise devront leur être proposées : accès facile aux prêts, garanties financières auprès des Banques et mesures fiscales exceptionnelles, allant d’un allègement à une remise partielle ou totale des impôts. L’objectif est de préserver l’activité économique et d’éviter de nouvelles fermetures d’établissements.

En parallèle, une gestion rigoureuse des fonds alloués est indispensable. L’État devra évaluer avec soin, le sérieux et la compétence des bénéficiaires, afin de s’assurer que les ressources financières octroyées seront bien utilisées.

L’histoire récente rappelle les dangers d’un financement mal encadré : la crise bancaire de 1989 en est une illustration frappante, quand des entrepreneurs ont bénéficié des prêts non remboursés, entraînant la faillite d’un certain nombre de banques.

Un autre exemple révélateur est l’échec du projet des maîtrisards des années 80, qui visait à intégrer de jeunes diplômés, fraîchement sortis des universités et déployés directement dans le monde entrepreneurial, en leur octroyant des financements.

L’idée était louable : faire de ces nouveaux cadres, des décideurs capables de dynamiser l’économie. Cependant, le projet a rapidement montré ses limites. Ces jeunes diplômés, formés sur le plan académique, manquaient cruellement d’expérience pratique en gestion, en comptabilité et en leadership. Livrés à eux-mêmes, sans un accompagnement adéquat, ni une formation professionnelle, malheureusement, les résultats n’ont pas suivi et à ce jour, moins de cinquante ans après, il ne devrait pas exister dix voire cinq structures au-delà de leur nombre, qui se révélait à plusieurs centaines..

L’attribution des fonds devra se faire sur la base de critères stricts, incluant non seulement la viabilité des projets, mais aussi la compétence et l’expérience des porteurs. Un dispositif d’accompagnement, incluant des formations en gestion d’entreprise, en fiscalité et en stratégie commerciale, devrait être intégré pour maximiser les chances de succès.

Une réforme fiscale s’impose également, car une réduction significative des impôts stimulerait l’engagement des acteurs économiques et encouragerait un climat propice aux investissements.

De même, l’État doit procéder à un audit approfondi de la dette extérieure, pour s’assurer que les emprunts ont bien été affectés aux projets pour lesquels ils étaient sollicités, car selon notre avis, il ne serait équitable pas de faire porter à la population, le poids d’une dette dont elle n’en a pas bénéficié.

Enfin, la question du coût de la vie ne peut être occultée. Le pouvoir d’achat des ménages ne cesse de se dégrader et des mesures concrètes doivent être envisagées pour y remédier. Il y va de la stabilité sociale et du bien-être de millions de citoyens.

Dans ce contexte, certaines décisions doivent être différées, notamment celles qui visent les revendications salariales. Il est essentiel d’expliquer aux syndicats que la priorité, aujourd’hui, est de maintenir l’activité économique et de préserver les emplois. Sans entreprises viables, aucune discussion sur les salaires et avantages y afférents ne sera possible. Il convient donc de s’accorder sur un délai fixé par les différents partenaires sociaux, pour gérer la question.

En définitive, la fiscalité doit être repensée comme un véritable levier de développement, capable de stimuler de l’Investissement et de soutenir la croissance. Plutôt que d’être perçue uniquement, comme un instrument de contrainte, elle devrait s’inscrire dans une logique de dynamisation de l’économie nationale.

Dans cette optique, les Inspecteurs des Impôts, en particulier ceux occupant des fonctions stratégiques au sein de l’État, ont un rôle clé à jouer. Leur mission ne doit pas se limiter à la collecte des recettes fiscales, mais s’orienter vers une approche plus équilibrée, favorisant un cadre propice à l’essor des entreprises et au bien-être des populations.

L’annonce du Premier ministre ouvre des perspectives prometteuses et s’inscrit dans une logique de croissance, mais sa mise en œuvre exige une stratégie rigoureuse, une orientation cohérente et un équilibre maîtrisé. La relance économique ne peut s’inscrire dans une logique d’omission de certains paramètres, mais plutôt, devrait intégrer des choix judicieux et une vision à moyen et long terme pour le bénéfice des populations actuelles et des générations à venir.






Cheikh Ndiaye

Ousseynou Wade