LERAL.NET : L’actualité des médias est marquée par les remous au sein du groupe Futurs médias. En tant que responsable dans ce groupe, pouvez-vous éclairer la lanterne des sénégalais sur ce qu’il en est réellement ?
Etant responsable dans ce groupe, je ne pourrai pas m’épancher sur certaines choses dans la mesure où chaque entreprise a sa cuisine interne, des hauts et des bas. Je ne dirai pas que la nôtre est dépourvue de couacs mais, comme vous avez pu le constater d’ailleurs, tout est en train de rentrer dans l’ordre. Ceux qui étaient partis sont revenus. Mais le mercato est une réalité de la presse. Moi-même je viens de Walfadjri et c’est de la même manière que d’autres confrères quittent leur groupe pour migrer vers d’autres. Ce, juste pour vous dire qu’une entreprise marche comme ça mais pour dire vrai, nous ne connaissons pas de remous. Nous faisons notre travail dans la quiétude.
LERAL.NET : Si l’opinion s’intéresse à la plus petite mouche qui survole le groupe Futurs médias, c’est parce que ce dernier a toujours été présenté comme une entreprise où tout est rose. Dernièrement, la presse a fait état du refus de Barka Bâ de rejoindre la rédaction de Tfm. Il aurait même demandé à sa femme de démissionner de la Télé futurs médias. Qu’en dites-vous ?
Ce n’est pas la même version que j’ai reçue. C’est vrai qu’il est intervenu quelques mutations au niveau des postes de responsabilité, ce qui est tout à fait normal car il incombe au propriétaire du groupe de placer ses hommes là où il les souhaite. Pour le cas de Barka Bâ, vous aurez de ses nouvelles les jours à venir. Encore une fois, c’est juste des problèmes de changement interne qui n’entament aucunement notre professionnalisme dans ce que nous faisons.
LERAL.NET : La venue d’Aissatou Diop Fall à la Tfm n’a pas été de tout repos. Des voix se sont élevées pour fustiger son recrutement pour la bonne et simple raison qu’elle a été – alors directrice des programmes de Walf TV - l’un des plus grands pourfendeurs de Futurs médias. Comment avez-vous vécu cet épisode ?
La perception d’une situation donnée de ceux qui sont dans le métier diffère de celle des étrangers à la corporation. Les faits sont là et Babacar Fall (journaliste et secrétaire général de la section Synpics de Futurs médias, ndlr) a dit ce qu’il avait à dire. Les responsables ont fait ce qu’ils avaient à faire. Ils se sont rencontrés et les angles ont été arrondis. Maintenant, on ne peut pas reprocher aux uns et autres leurs libertés de ton. J’ai eu à faire des démarches dans ce que vous évoquez mais en tant que responsable dans cette boîte, je n’ai pas à les étaler sur la place publique. Le linge sale se lave en famille et je ne serai celui qui va mettre la lessive dehors. Babacar Fall n’a pas de comptes à régler avec Aissatou Diop Fall. Laquelle, lors de son entretien avec Pape Ngagne Ndiaye a levé un coin du voile sur les rapports qu’elle a avec chacun de nous. Parlant de moi, elle a avancé qu’elle ne m’a jamais appelé Assane, elle disait Tonton. Papis Diaw qui vient d’intégrer la rédaction de TFm m’appelle par un surnom qu’il est le seul à connaitre. Ceci, pour vous dire que, malgré le fait que nous ayons à appartenir à des groupes différents, rien n’a entamé nos relations. Qu’on ne compte pas sur Assane Guèye pour attaquer qui que ce soit.
LERAL.NET : Pour revenir à vous, depuis un certain temps, vous êtes à cheval sur la radio et la télévision. N’est-ce pas pesant ?
Je suis à cheval sur les deux parce que je jouis de la confiance de l’administrateur de la maison de telle sorte qu’à chaque fois qu’il entreprend quelque chose, il juge que je peux lui apporter mon expertise. Je peux en dire autant sur Mamoudou Ibra Kane (Directeur de Rfm et présentateur de l’Incontournable sur TFM, ndlr), Alassane Samba Diop (Directeur des rédactions de RFM et TFM, ndlr)…c’est pourquoi, on ne peut que donner le meilleur de nous-mêmes. Le matin, de bonne heure, nous sommes à la radio, le soir nous continuons notre mission au niveau de la télévision. Ce qui est vraiment lassant mais sachez qu’au bout de l’effort, il y a ce qu’on appelle la réussite. Et ce qui nous aide à nous surpasser, c’est l’amour que nous vouons à ce métier et la confiance faite sur nos modernes personnes.
LERAL.NET : Quels échos avez-vous reçus du travail que vous abattez au niveau de la télévision ?
Il faut garder la tête sur les épaules et ne pas avoir des prétentions. Je pense qu’on ne peut pas réinventer la roue mais on est en mesure d’élargir le champ de la créativité en matière de télévision. Actuellement, on parle de zapping (passer d’une télévision à une autre). Donc, si le téléspectateur ne se retrouve pas dans ce qui lui est proposé, il n’hésite pas une seule seconde à zapper.
LERAL.NET : Mais nombreux sont les téléspectateurs qui ont constaté que la façon dont TFM présente son journal télévisé diffère de celle des autres télévisions. Vous proposez plutôt un magazine…
(Il coupe) On était obligé de procéder ainsi d’autant plus que TFM était une télévision culturelle. Donc, c’est fort de ce respect de notre cahier de charges que nous avons jugé nécessaire d’innover. Mais aussi, il faut savoir que nous voulons faire la télé autrement. C’est ce qui explique l’avènement des magazines Li ci penc mi et de l’Incontournable qui, disons-le, sont en train de faire tilt dans l’opinion nationale et les sénégalais que je croise dans la rue font état de leur satisfaction de ce qui leur est proposé par la TFM. Cependant, depuis que TFM est devenue généraliste, nous sommes en train de réfléchir sur la présentation du journal classique comme cela se fait ailleurs. Nous continuons notre petit bonhomme de chemin et demandons au public d’être patient car on vient juste d’arriver. Mais nous comprenons l’impatience des téléspectateurs car ils en ont vu des vertes et des pas mures pour voir leur télévision émettre (rires).
LERAL.NET : Certains disent que la TFM est une télévision de rediffusions. Que répondez-vous à ceux-là ?
Il faudra vous adresser au directeur des programmes (Bouba Ndour, ndlr) pour en avoir le cœur net. Mais je puis vous dire que TFM est encore un bébé qui apprend et cherche les voies et moyens de satisfaire son public de la plus belle des manières.
Etant responsable dans ce groupe, je ne pourrai pas m’épancher sur certaines choses dans la mesure où chaque entreprise a sa cuisine interne, des hauts et des bas. Je ne dirai pas que la nôtre est dépourvue de couacs mais, comme vous avez pu le constater d’ailleurs, tout est en train de rentrer dans l’ordre. Ceux qui étaient partis sont revenus. Mais le mercato est une réalité de la presse. Moi-même je viens de Walfadjri et c’est de la même manière que d’autres confrères quittent leur groupe pour migrer vers d’autres. Ce, juste pour vous dire qu’une entreprise marche comme ça mais pour dire vrai, nous ne connaissons pas de remous. Nous faisons notre travail dans la quiétude.
LERAL.NET : Si l’opinion s’intéresse à la plus petite mouche qui survole le groupe Futurs médias, c’est parce que ce dernier a toujours été présenté comme une entreprise où tout est rose. Dernièrement, la presse a fait état du refus de Barka Bâ de rejoindre la rédaction de Tfm. Il aurait même demandé à sa femme de démissionner de la Télé futurs médias. Qu’en dites-vous ?
Ce n’est pas la même version que j’ai reçue. C’est vrai qu’il est intervenu quelques mutations au niveau des postes de responsabilité, ce qui est tout à fait normal car il incombe au propriétaire du groupe de placer ses hommes là où il les souhaite. Pour le cas de Barka Bâ, vous aurez de ses nouvelles les jours à venir. Encore une fois, c’est juste des problèmes de changement interne qui n’entament aucunement notre professionnalisme dans ce que nous faisons.
LERAL.NET : La venue d’Aissatou Diop Fall à la Tfm n’a pas été de tout repos. Des voix se sont élevées pour fustiger son recrutement pour la bonne et simple raison qu’elle a été – alors directrice des programmes de Walf TV - l’un des plus grands pourfendeurs de Futurs médias. Comment avez-vous vécu cet épisode ?
La perception d’une situation donnée de ceux qui sont dans le métier diffère de celle des étrangers à la corporation. Les faits sont là et Babacar Fall (journaliste et secrétaire général de la section Synpics de Futurs médias, ndlr) a dit ce qu’il avait à dire. Les responsables ont fait ce qu’ils avaient à faire. Ils se sont rencontrés et les angles ont été arrondis. Maintenant, on ne peut pas reprocher aux uns et autres leurs libertés de ton. J’ai eu à faire des démarches dans ce que vous évoquez mais en tant que responsable dans cette boîte, je n’ai pas à les étaler sur la place publique. Le linge sale se lave en famille et je ne serai celui qui va mettre la lessive dehors. Babacar Fall n’a pas de comptes à régler avec Aissatou Diop Fall. Laquelle, lors de son entretien avec Pape Ngagne Ndiaye a levé un coin du voile sur les rapports qu’elle a avec chacun de nous. Parlant de moi, elle a avancé qu’elle ne m’a jamais appelé Assane, elle disait Tonton. Papis Diaw qui vient d’intégrer la rédaction de TFm m’appelle par un surnom qu’il est le seul à connaitre. Ceci, pour vous dire que, malgré le fait que nous ayons à appartenir à des groupes différents, rien n’a entamé nos relations. Qu’on ne compte pas sur Assane Guèye pour attaquer qui que ce soit.
LERAL.NET : Pour revenir à vous, depuis un certain temps, vous êtes à cheval sur la radio et la télévision. N’est-ce pas pesant ?
Je suis à cheval sur les deux parce que je jouis de la confiance de l’administrateur de la maison de telle sorte qu’à chaque fois qu’il entreprend quelque chose, il juge que je peux lui apporter mon expertise. Je peux en dire autant sur Mamoudou Ibra Kane (Directeur de Rfm et présentateur de l’Incontournable sur TFM, ndlr), Alassane Samba Diop (Directeur des rédactions de RFM et TFM, ndlr)…c’est pourquoi, on ne peut que donner le meilleur de nous-mêmes. Le matin, de bonne heure, nous sommes à la radio, le soir nous continuons notre mission au niveau de la télévision. Ce qui est vraiment lassant mais sachez qu’au bout de l’effort, il y a ce qu’on appelle la réussite. Et ce qui nous aide à nous surpasser, c’est l’amour que nous vouons à ce métier et la confiance faite sur nos modernes personnes.
LERAL.NET : Quels échos avez-vous reçus du travail que vous abattez au niveau de la télévision ?
Il faut garder la tête sur les épaules et ne pas avoir des prétentions. Je pense qu’on ne peut pas réinventer la roue mais on est en mesure d’élargir le champ de la créativité en matière de télévision. Actuellement, on parle de zapping (passer d’une télévision à une autre). Donc, si le téléspectateur ne se retrouve pas dans ce qui lui est proposé, il n’hésite pas une seule seconde à zapper.
LERAL.NET : Mais nombreux sont les téléspectateurs qui ont constaté que la façon dont TFM présente son journal télévisé diffère de celle des autres télévisions. Vous proposez plutôt un magazine…
(Il coupe) On était obligé de procéder ainsi d’autant plus que TFM était une télévision culturelle. Donc, c’est fort de ce respect de notre cahier de charges que nous avons jugé nécessaire d’innover. Mais aussi, il faut savoir que nous voulons faire la télé autrement. C’est ce qui explique l’avènement des magazines Li ci penc mi et de l’Incontournable qui, disons-le, sont en train de faire tilt dans l’opinion nationale et les sénégalais que je croise dans la rue font état de leur satisfaction de ce qui leur est proposé par la TFM. Cependant, depuis que TFM est devenue généraliste, nous sommes en train de réfléchir sur la présentation du journal classique comme cela se fait ailleurs. Nous continuons notre petit bonhomme de chemin et demandons au public d’être patient car on vient juste d’arriver. Mais nous comprenons l’impatience des téléspectateurs car ils en ont vu des vertes et des pas mures pour voir leur télévision émettre (rires).
LERAL.NET : Certains disent que la TFM est une télévision de rediffusions. Que répondez-vous à ceux-là ?
Il faudra vous adresser au directeur des programmes (Bouba Ndour, ndlr) pour en avoir le cœur net. Mais je puis vous dire que TFM est encore un bébé qui apprend et cherche les voies et moyens de satisfaire son public de la plus belle des manières.
LERAL.NET : En dehors d’être l’un des pionniers de la présentation du JT en wolof et du journaliste émérite, quelle autre facette cache El Hadji Assane Guèye ?
Je n’ai pas ce côté obscur. Je suis un homme de médias et je le demeure sans frasques. Je ne cours pas les cérémonies, rares sont les fois où vous apercevez la tronche d’Assane Guèye à Sorano (Théâtre national Daniel Sorano) etc (rires).
LERAL.NET : Pourquoi ?
Je ne suis pas en train de porter un jugement sur ceux qui fréquentent ces espaces car chacun est libre d’aller où bon lui semble mais personnellement, je ne me vois pas courir les cérémonies juste pour me faire plaisir. Je suis casanier. Je ne veux pas m’attirer des chichis. Par conséquent, je préfère rester dans mon coin tout en respectant ceux qui ont un faible pour la lutte, le football ou Sorano. Je consacre la plus grande partie de mon temps à ma passion qui est le journalisme. Qui est tellement épuisant qu’à la descente, on ne songe pas à faire autre chose que de récupérer des forces.
LERAL.NET : Quel sentiment vous anime quand vous voyez l’ampleur qu’a prise la présentation du journal en Wolof dans les radios et télévisions si l’on sait que vous êtes l’un des précurseurs du JT en wolof au Sénégal ?
Un sentiment de fierté. Si j’en suis là, c’est parce que j’ai eu des modèles dans la presse. D’ailleurs un parmi ces derniers m’a fait part de l’admiration qu’il a pour moi. Ce qui est vraiment rocambolesque car je ne ratais pour rien au monde son journal.
LERAL.NET : De qui s’agit-il ?
Il se reconnaitra. Juste pour vous dire que la vie nous réserve de ces surprises. (Son téléphone l’interrompt). J’ai toujours eu de l’estime pour Mamadou Malaye Diop (présentateur du Jt sur la RTS, aujourd’hui à la Primature), Oumar Seck qui faisait le 13 h sur Radio Sénégal et Sada Kane (ancien présentateur de l’émission Regards sur la Rts, actuellement à la 2STV où il présente l’Entretien tous les 15 jours, ndlr). Pour la petite histoire, Sada Kane m’a fait appeler alors qu’il était avec une personnalité qui me connait bien pour lui témoigner toute son admiration pour moi. Mais ce qui m’a le plus fait plaisir c’est quand il dit que je fais partie de ceux qui font la fierté du métier de journalisme. C’est en ce moment que je lui ai révélé qu’il a toujours été mon idole. D’ailleurs je lui ai fait savoir que je le copie jusqu’à la manière dont il met sa montre. Vous voyez bien que c’est au poignet de la main droite que je l’ai mise (il montre son poignet droit où est bien serrée sa montre). Ça lui a fait rire mais c’est juste pour vous dire qu’il est fondamental d’être le meilleur dans votre domaine de compétence si bien que si j’avais comme tache de nettoyer le bureau, j’y mettrai toute la rigueur qui sied. Y’a pas de sot métier.
LERAL.NET : Comment jugez-vous l’évolution de la presse au Sénégal ?
Tantôt vous avez évoqué la présentation du journal en Wolof qui n’était pas le dada de nos prédécesseurs dans la presse. Peut-être c’est dû au complexe qu’ils ont eu par rapport à la langue française. Ceci est d’autant plus vrai que ceux qui se mettaient sur leur 31 sont assimilés à des blancs. Donc il était question pour nous de la nouvelle génération de « sénégaliser » les choses. Certes, nous avons fréquenté l’école française jusqu’à l’Université mais il était temps de rendre à César ce qui lui appartient, c’est-à-dire, ne faire abstraction des 90% de sénégalais qui ne comprennent pas un seul mot de français. L’essentiel, c’est de garder les bases du métier, la déontologie. Allez dans les autres pays, vous verrez que le journalisme se fait dans la langue du pays. En outre du journal en wolof, nous faisons des éditos, la revue de presse dans la même langue. C’est l’évolution du métier qui le demande et les jeunes ruent de plus en plus vers celui-ci. Néanmoins, des brebis galeuses ne manquent pas. La corruption titille le monde de la presse parce que tout simplement certains ont choisi de servir de fer de lance à certains cercles. « kou eumb sa sankal eumb sa kersé ». Et il urge de combattre de tels agissements qui ne donnent pas à la presse une image reluisante.
LERAL.NET : Mais si certains journalistes agissent de la sorte, c’est parce qu’ils ne sont pas bien traités dans leurs organes ?
Je suis désolé, mais dans ce contexte, la fin ne justifie pas les moyens. On ne peut justifier de tels agissements sur le simple fait que des journalistes ne jouissent pas d’un bon traitement de la part de leurs patrons. Toutefois, les patrons de presse doivent revoir les conditions dans lesquelles leurs employés évoluent. Ceci dans la mesure où des résultats sont attendus de ces derniers. Mais, même si tel n’est pas le cas, on doit faire montre d’une certaine retenue pour ne pas tomber dans les travers du métier. Et j’avoue que certaines valeurs, il faut les acquérir dans la cellule familiale de telle sorte que dans n’importe quel profession, tu demeures le même.
LERAL.NET : Parlez-nous d’une mésaventure que vous avez vécue dans la presse que vous n’oublierez pas de sitôt…
Le bon côté l’emporte sur l’autre. Certes, les gens vous plaignent quand ils vous entendent à 5 heures du matin parler à la radio, quand ils vous aperçoivent dans les embouteillages mais ils ne savent pas tout l’enthousiasme qui nous gagne quand nous exerçons notre métier. Nous avons comme sacerdoce de bien mener à bien la mission qui nous a été assignée. C’est sur ce chemin que nous rencontrons des épines comme des coups bas, des gens peuvent colporter des ragots à votre encontre où encore se payer un ticket pour la Dic (Division des investigations criminelles), une expérience que j’ai vécue personnellement. On m’a fait passer toute une journée du mois de Ramadan alors que je n’ai rien fait. J’étais juste un témoin (affaire Malick Ndiaye le «corbeau » qui accusait Abdoulaye Baldé d'avoir reçu des pots-de-vin d'une valeur de 5 milliards sur les travaux de l'Anoci ) et j’ai fait savoir au Commissaire que je ne savais rien de qu’il avançait et que si je devais passer la nuit là-bas, les choses ne changeraient pas. Il n’avait de choix que de me relâcher. C’est la vie qui est ainsi. L’essentiel, c’est de s’armer de dignité et d’humilité pour ne pas courber l’échine devant n’importe quelle situation donnée. C’est ce qui fait l’être humain. « Sama ngor, meussoumako waxalé sakh bakoy diaay ».
LERAL.NET : Votre plus grande satisfaction ?
C’est quand j’ai été à la Mecque en 1997. Je ne remercierai jamais assez celui (Sidy Lamine Niasse, Président directeur général de Walfadjri, ndlr) qui m’a permis de flirter avec ce plaisir et son groupe de presse.
LERAL.NET : Nous savons que le temps vous est compté et vous devez présenter dans moins de 30 minutes le Jt en wolof, qu’est-ce que vous confiez à vos jeunes frères qui veulent devenir journalistes ?
Nous sommes dans un pays où il n’est pas rare de voir les propos des uns et des autres travestis. Donc, je ne vais pas m’ériger en donneur de leçons. Néanmoins, je peux dire que la rigueur que j’ai mise dans mon travail a fait que j’ai réussi toutes mes entreprises et tout le Sénégal peut en attester. J’insiste sur la rigueur car sans celle-ci, on est que l’ombre de soi-même. Une anecdote : un blanc qui a fait une offre d’emploi reçoit les cv de jeunes. Et parmi ceux-ci, un qui dans le Cv ravit la vedette aux autres mais dans la présentation, laisse à désirer dans son accoutrement. L’employeur ne l’a pas retenu. Quand on a demandé à ce dernier pourquoi il a snobé, il a dit qu’il ne confierait du travail à quelqu’un qui n’est pas regardant dans sa manière d’être. Je suis écœuré quand j’aperçois certains journalistes qui, dans les points de presse, cherchent à véhiculer qu’ils vivent dans la précarité. Il ne faut pas se rabaisser de la sorte. Nous ne devons pas oublier que nous sommes un pouvoir comme l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Et nous devons comporter en conséquence dans la responsabilité. Mais cessons de manger dans les égouts. Cessons la délation, les médisances, de fréquenter les chefs religieux et les hommes politiques pour juste leur soutirer des sous. Si nous voulons rester libres, nous devons nous départir de certains comportements. Tels sont les conseils que je donne à mes jeunes frères ainsi que tous les autres acteurs de la presse. Je remercie Leral.net que visitent ma femme et mes enfants de m’avoir fait cet honneur. Mais mention spéciale aux auditeurs et téléspectateurs sans qui notre existence serait insipide.
Réalisé par Abdou K. Cissé
Je n’ai pas ce côté obscur. Je suis un homme de médias et je le demeure sans frasques. Je ne cours pas les cérémonies, rares sont les fois où vous apercevez la tronche d’Assane Guèye à Sorano (Théâtre national Daniel Sorano) etc (rires).
LERAL.NET : Pourquoi ?
Je ne suis pas en train de porter un jugement sur ceux qui fréquentent ces espaces car chacun est libre d’aller où bon lui semble mais personnellement, je ne me vois pas courir les cérémonies juste pour me faire plaisir. Je suis casanier. Je ne veux pas m’attirer des chichis. Par conséquent, je préfère rester dans mon coin tout en respectant ceux qui ont un faible pour la lutte, le football ou Sorano. Je consacre la plus grande partie de mon temps à ma passion qui est le journalisme. Qui est tellement épuisant qu’à la descente, on ne songe pas à faire autre chose que de récupérer des forces.
LERAL.NET : Quel sentiment vous anime quand vous voyez l’ampleur qu’a prise la présentation du journal en Wolof dans les radios et télévisions si l’on sait que vous êtes l’un des précurseurs du JT en wolof au Sénégal ?
Un sentiment de fierté. Si j’en suis là, c’est parce que j’ai eu des modèles dans la presse. D’ailleurs un parmi ces derniers m’a fait part de l’admiration qu’il a pour moi. Ce qui est vraiment rocambolesque car je ne ratais pour rien au monde son journal.
LERAL.NET : De qui s’agit-il ?
Il se reconnaitra. Juste pour vous dire que la vie nous réserve de ces surprises. (Son téléphone l’interrompt). J’ai toujours eu de l’estime pour Mamadou Malaye Diop (présentateur du Jt sur la RTS, aujourd’hui à la Primature), Oumar Seck qui faisait le 13 h sur Radio Sénégal et Sada Kane (ancien présentateur de l’émission Regards sur la Rts, actuellement à la 2STV où il présente l’Entretien tous les 15 jours, ndlr). Pour la petite histoire, Sada Kane m’a fait appeler alors qu’il était avec une personnalité qui me connait bien pour lui témoigner toute son admiration pour moi. Mais ce qui m’a le plus fait plaisir c’est quand il dit que je fais partie de ceux qui font la fierté du métier de journalisme. C’est en ce moment que je lui ai révélé qu’il a toujours été mon idole. D’ailleurs je lui ai fait savoir que je le copie jusqu’à la manière dont il met sa montre. Vous voyez bien que c’est au poignet de la main droite que je l’ai mise (il montre son poignet droit où est bien serrée sa montre). Ça lui a fait rire mais c’est juste pour vous dire qu’il est fondamental d’être le meilleur dans votre domaine de compétence si bien que si j’avais comme tache de nettoyer le bureau, j’y mettrai toute la rigueur qui sied. Y’a pas de sot métier.
LERAL.NET : Comment jugez-vous l’évolution de la presse au Sénégal ?
Tantôt vous avez évoqué la présentation du journal en Wolof qui n’était pas le dada de nos prédécesseurs dans la presse. Peut-être c’est dû au complexe qu’ils ont eu par rapport à la langue française. Ceci est d’autant plus vrai que ceux qui se mettaient sur leur 31 sont assimilés à des blancs. Donc il était question pour nous de la nouvelle génération de « sénégaliser » les choses. Certes, nous avons fréquenté l’école française jusqu’à l’Université mais il était temps de rendre à César ce qui lui appartient, c’est-à-dire, ne faire abstraction des 90% de sénégalais qui ne comprennent pas un seul mot de français. L’essentiel, c’est de garder les bases du métier, la déontologie. Allez dans les autres pays, vous verrez que le journalisme se fait dans la langue du pays. En outre du journal en wolof, nous faisons des éditos, la revue de presse dans la même langue. C’est l’évolution du métier qui le demande et les jeunes ruent de plus en plus vers celui-ci. Néanmoins, des brebis galeuses ne manquent pas. La corruption titille le monde de la presse parce que tout simplement certains ont choisi de servir de fer de lance à certains cercles. « kou eumb sa sankal eumb sa kersé ». Et il urge de combattre de tels agissements qui ne donnent pas à la presse une image reluisante.
LERAL.NET : Mais si certains journalistes agissent de la sorte, c’est parce qu’ils ne sont pas bien traités dans leurs organes ?
Je suis désolé, mais dans ce contexte, la fin ne justifie pas les moyens. On ne peut justifier de tels agissements sur le simple fait que des journalistes ne jouissent pas d’un bon traitement de la part de leurs patrons. Toutefois, les patrons de presse doivent revoir les conditions dans lesquelles leurs employés évoluent. Ceci dans la mesure où des résultats sont attendus de ces derniers. Mais, même si tel n’est pas le cas, on doit faire montre d’une certaine retenue pour ne pas tomber dans les travers du métier. Et j’avoue que certaines valeurs, il faut les acquérir dans la cellule familiale de telle sorte que dans n’importe quel profession, tu demeures le même.
LERAL.NET : Parlez-nous d’une mésaventure que vous avez vécue dans la presse que vous n’oublierez pas de sitôt…
Le bon côté l’emporte sur l’autre. Certes, les gens vous plaignent quand ils vous entendent à 5 heures du matin parler à la radio, quand ils vous aperçoivent dans les embouteillages mais ils ne savent pas tout l’enthousiasme qui nous gagne quand nous exerçons notre métier. Nous avons comme sacerdoce de bien mener à bien la mission qui nous a été assignée. C’est sur ce chemin que nous rencontrons des épines comme des coups bas, des gens peuvent colporter des ragots à votre encontre où encore se payer un ticket pour la Dic (Division des investigations criminelles), une expérience que j’ai vécue personnellement. On m’a fait passer toute une journée du mois de Ramadan alors que je n’ai rien fait. J’étais juste un témoin (affaire Malick Ndiaye le «corbeau » qui accusait Abdoulaye Baldé d'avoir reçu des pots-de-vin d'une valeur de 5 milliards sur les travaux de l'Anoci ) et j’ai fait savoir au Commissaire que je ne savais rien de qu’il avançait et que si je devais passer la nuit là-bas, les choses ne changeraient pas. Il n’avait de choix que de me relâcher. C’est la vie qui est ainsi. L’essentiel, c’est de s’armer de dignité et d’humilité pour ne pas courber l’échine devant n’importe quelle situation donnée. C’est ce qui fait l’être humain. « Sama ngor, meussoumako waxalé sakh bakoy diaay ».
LERAL.NET : Votre plus grande satisfaction ?
C’est quand j’ai été à la Mecque en 1997. Je ne remercierai jamais assez celui (Sidy Lamine Niasse, Président directeur général de Walfadjri, ndlr) qui m’a permis de flirter avec ce plaisir et son groupe de presse.
LERAL.NET : Nous savons que le temps vous est compté et vous devez présenter dans moins de 30 minutes le Jt en wolof, qu’est-ce que vous confiez à vos jeunes frères qui veulent devenir journalistes ?
Nous sommes dans un pays où il n’est pas rare de voir les propos des uns et des autres travestis. Donc, je ne vais pas m’ériger en donneur de leçons. Néanmoins, je peux dire que la rigueur que j’ai mise dans mon travail a fait que j’ai réussi toutes mes entreprises et tout le Sénégal peut en attester. J’insiste sur la rigueur car sans celle-ci, on est que l’ombre de soi-même. Une anecdote : un blanc qui a fait une offre d’emploi reçoit les cv de jeunes. Et parmi ceux-ci, un qui dans le Cv ravit la vedette aux autres mais dans la présentation, laisse à désirer dans son accoutrement. L’employeur ne l’a pas retenu. Quand on a demandé à ce dernier pourquoi il a snobé, il a dit qu’il ne confierait du travail à quelqu’un qui n’est pas regardant dans sa manière d’être. Je suis écœuré quand j’aperçois certains journalistes qui, dans les points de presse, cherchent à véhiculer qu’ils vivent dans la précarité. Il ne faut pas se rabaisser de la sorte. Nous ne devons pas oublier que nous sommes un pouvoir comme l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Et nous devons comporter en conséquence dans la responsabilité. Mais cessons de manger dans les égouts. Cessons la délation, les médisances, de fréquenter les chefs religieux et les hommes politiques pour juste leur soutirer des sous. Si nous voulons rester libres, nous devons nous départir de certains comportements. Tels sont les conseils que je donne à mes jeunes frères ainsi que tous les autres acteurs de la presse. Je remercie Leral.net que visitent ma femme et mes enfants de m’avoir fait cet honneur. Mais mention spéciale aux auditeurs et téléspectateurs sans qui notre existence serait insipide.
Réalisé par Abdou K. Cissé