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Portrait du nouveau vérificateur général de l'Ige François Collin

57ans. Marié et père de deux filles et d’un garçon, François Collin, Vérificateur général d’Etat, traque les détourneurs publics avec le poids d’un nom qui n’est pas sanctifié au Sénégal.


Rédigé par leral.net le Vendredi 23 Août 2013 à 04:00 | | 5 commentaire(s)|

Portrait du nouveau vérificateur général de l'Ige François Collin
Assis au premier rang, face au président de la République, François Collin conserve cette élégance un peu guindée et reste aussi droit qu’un I dans sa tenue immaculée d’Inspecteur général d’Etat (Ige). Il a ce brin de retenue à l’ancienne, propre à la vieille école. François Collin distribue des poignées de main cordiales, empreintes de solennité, sort à l’occasion un sourire discret, sans effusions superflues. Vanté par Macky Sall, l’homme mégote sur son plaisir. Il met toujours en avant ce qui a jusque-là fait son succès : sa sobriété. Aussi furtif que son ombre, l’Ige réajuste sa casquette et revérifie les plis de sa tenue comme pour se parer à un nouveau départ. Presque inconnu du grand public, François Collin, 57 ans, a pris les rênes de l’Inspection générale d’Etat. Il réajuste son képi et se retrousse les manches pour guider les missions de vérification qui s’empilent sur sa table de big boss de l’Ige. Les audits et enquêtes concernant l’Anoci, la gestion des universités, des services de santé, de l’éducation et de la formation, des audits vérifications et enquêtes du ministère de l’Economie et des Finances, les enquêtes relatives aux conditions de privatisation ou de cession des biens meubles et immobiliers de l’Etat. Le chantier est aussi exaltant que la fonction. Il sait que le travail d’un Vérificateur général n’est pas comme celui d’un facteur qui sonne toujours deux fois. L’Ige est un corps réputé «prestigieux» dont l’aura repose en partie sur le fil invisible qui relie leur brillance à un esprit, une exigence esthétique liée à la traque des deniers publics détournés. En interne, une partie de son efficacité vient de cette même aura qui est parvenue à tirer le meilleur de ses troupes, admiratives de leurs fonctions.
Sous le magistère de Nafi Ngom Ndour, l’institution a vacillé pendant certaines périodes. Il y a eu l’affaire des Chantiers de Thiès. Il s’en est suivi la sortie médiatique de l’ex-Vérificateur. Des experts et le Parquet avaient jeté le rapport à la poubelle. Les débats passionnés sur les conditions d’augmentation de ses émoluments portés à 5 millions de francs Cfa ont provoqué une montée d’adrénaline dans l’establishment politico-médiatique. Côté histoire, il affiche treize années de bons et loyaux services à l’Ige, entrecoupées d’un passage dans plusieurs départements ministériels. Macky Sall, président de la République, ne s’embarrasse point de doutes sur la réussite de sa mission. Au moment de succéder à la très médiatique Nafi Ngom Keïta Ndour. Il dit : «Je félicite également le nouveau Vérificateur général du Sénégal M. François Collin et lui souhaite une réussite éclatante dans l’accomplissement de ses nouvelles charges. Il ne fait aucun doute M. Collin que vous exercerez ces fonctions avec compétence, loyauté, honneur et rigueur. Votre parcours par le passé vous prédestine à cette prestigieuse fonction. En tout cas, vous avez toute ma confiance pour la réussite de cette mission.» Sa longévité lui a permis de connaître les rouages administratifs. Expert-liquidateur de la caisse de la Caisse de péréquation et de stabilisation des prix, François Collin gagne le pari. C’était au début des années 1990.

Acharné à préserver sa vie personnelle, François Collin a été «outé» comme «le gars le plus puissant de la Fonction publique» après sa nomination comme Vérificateur général d’Etat. Le must de la Fonction publique sénégalaise. Son silence a été impérial. Comme toujours. Sous le halo des projecteurs et des crépitements des flashes, il a voulu rester dans l’ombre. La lumière ne l’attire pas. Les belles histoires s’écrivent avec plus ou moins de panache.
François Collin ? Sur le papier, cela sonne très bien. Pourtant, son nom n’a pas une consonance glamour. Il y a d’abord l’atavisme : il est le fils du craint et du honni Jean Collin. Tour à tour, ministre de l’Economie et des Finances, ministre de l’Intérieur et secrétaire général de la présidence de la République, il était l’omnipuissant régulateur de la vie publique et politique sénégalaise. Jean Collin cristallisait les rancœurs d’un Sénégal qui sortait difficilement des siècles de domination française. Ce patronyme n’est pas sanctifié au Sénégal. Lui n’a jamais voulu loger sa vie à la même enseigne que celle du pater cité toujours comme le parrain des différents complots politiques. Anne Marie Senghor, sa cousine, dit : «A cause de ce nom, il a passé toute sa vie à raser les murs. Il a dû beaucoup souffrir de son nom. C’est pourquoi, il a été toujours discret dans sa vie. On ne l’a jamais entendu dans des scandales de fils à papa. Il est resté davantage discret après la mort de son père. Il est cultivé et courtois.» A-t-il été victime d’ostracisme ? Un ami de la famille : «Sans doute. Il a été retardé dans la progression de sa carrière et son avancement à cause de son nom. Cette nomination est un couronnement parce qu’il a trimé pour atteindre ce poste.» Secret et solitaire, il est aussi un «homme attentionné». Sokhna Mbacké, une cousine germaine, ajoute : «Ce matin (hier), il m’a envoyé un message à 7 h pour me rappeler de l’anniversaire d’un décès. Il est extrêmement discret, attentionné et très délicat.» Sa nomination ne devrait rien changer à ses habitudes de bosseur compulsif. Il est connu pour son caractère épouvantable. «Si lui ne hurle jamais, ses silences sont mortels», ajoute-t-on.

Blessure

Il est né avec une cuillère d’argent dans la bouche. Fils de Adèle Senghor, première chirurgienne-dentiste du Sénégal, nièce de Léopold Sédar Senghor, il a grandi au Palais présidentiel sous l’ombre de l’ancien académicien. Entre Normandie, Dakar et Joal, il partage son enfance avec Philipe Maguilen Senghor. Ainsi que sa sœur unique, Renée. Mariée à un Canadien, elle coule ses jours au Canada. Mme Mbacké : «Ils ont été éduqués ensemble par le Président Senghor. Ce sont des enfants qui s’entendaient à merveille.» Il est habité d’un similaire désir de concrétiser ses rêves envers et contre tout. Elève au Collège Sacré-Cœur, il a passé tout son cursus scolaire et universitaire dans ce pays. Docteur en Droit, François Collin, de son vrai nom François Robert Lat Collin, débute une carrière de fonctionnaire comme conseiller au ministère des Affaires étrangères. Avant de se présenter avec succès au concours des inspecteurs généraux d’Etat. Adjoint du directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères, il a été aussi directeur de Cabinet du ministre du Tourisme, El Hadji Malick Sy. En mars 1995, il devient secrétaire général adjoint aux services présidentiels drivés par Ousmane Tanor Dieng.

Marié à un ingénieur informaticien, fille du général Waly Faye, ancien Haut commandant de la gendarmerie et père de trois enfants (deux filles et un garçon), il est un «fervent catholique». «Sa femme est une fervente musulmane», informe Mme Mbacké. Le mariage entre Jean Collin et Adèle fait partie des premières unions mixtes en Afrique», témoigne Mme Mbacké. Derrière sa carapace et sa froideur se cachent des blessures tenaces. Imprévisible, Jean Collin avait «abandonné» sa maman pour convoler en secondes noces avec Marie Turpin. Lui n’est pas rancunier, il fait souvent le pèlerinage à Ndiaffate (18 km de Kaolack) pour se recueillir sur la tombe de l’éternel Pape. François vient de sortir de l’ombre. Comme un nouveau Pape.

lequotidien.sn

( Les News )


1.Posté par Saltigué Lat le 23/08/2013 08:20 | Alerter
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Voilà enfin un authentique bosseur et sénégalais. authentique

Mais, il semble y avoir une erreur dans cet article , car le même auteur nous a déjà dit qu'il a fait 23 ans à L'IGe et non 13 ans..

Allez au travail, et trève de verbiage.


Vive le Sénégal.

2.Posté par MDC le 23/08/2013 08:55 | Alerter
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Bonne chance et vivement que le Senegal en sort grandi et que la confiance du Chef de l Etat soit un success pour nous tous, le Senegal et l Afrique. Courage, perseverance, equite, justice et professionnalisme.

3.Posté par DIAW le 23/08/2013 09:27 | Alerter
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: INELIGIBILITE

Condamner à des peines d’inéligibilité des personnes reconnues coupables de détournement de derniers publics tombe sous le sens. C’est pourquoi toutes les démocraties dignes de ce nom le font.
En France les exemples sont légion et des figures emblématiques de la vie politique, aussi bien à droite qu’à gauche ont été condamnées à des peines d’inéligibilité.
Ancien Premier ministre, Alain Juppé a payé le prix fort et s’est exilé au Canada un moment, avant de revenir et se faire réélire brillamment à la mairie de Bordeaux. A gauche, Henri Emmanuelli, ancien Premier secrétaire du PS avait écopé de deux ans. La liste exhaustive pourrait être dressée, mais cela n’a que très peu d’intérêt pour notre propos.
Celui-ci est simple : peut-on laisser quelqu’un s’enrichir sur le dos du peuple et utiliser cette fortune pour se faire élire ou réélire ? Peut- on admettre, dans nos pays en proie à la misère, où l’immense majorité n’a ni le minimum en termes d’accès aux soins de santé primaire, ni à l’éducation de base et encore moins à l’autosuffisance alimentaire qu’une poignée de gens profitent de leur position temporaire dans le service public pour s’accaparer des maigres deniers publics ?
Si la réponse à ces deux questions est à l’évidence négative ; alors on comprend non seulement que l’Etat doit combattre le détournement de deniers publics avec acharnement. Mais qu’il doit aussi faire punir ses auteurs avec une extrême sévérité et prendre les mesures conservatoires qui permettent d’écarter de tels félons de la gestion des biens publics.
Evidemment la Justice n’est pas la Morale encore moins la Religion. C’est pourquoi les condamnations laissent toujours la porte ouverte à la responsabilité de s’amender. Sauf, bien sûr, lorsqu’il s’agit de la peine capitale qui, heureusement, n’a plus cours au Sénégal.


L’inéligibilité ne peut donc être que temporaire dans le cas qui nous préoccupe. Alors pourquoi ce projet de loi de réforme du code pénal fait-il pousser des cris d’orfraie dans le camp des « ex-alter noceurs » ? Entrevoient-ils leurs plans machiavéliques d’utiliser les fortunes pillées pour conquérir le pouvoir à nouveau tomber à l’eau ?
On peut le croire. En tout cas le ministre de la justice est en train de faire un excellent travail avec rigueur et détermination. Elle a bien compris que la rupture attendue passe par une réforme audacieuse de la justice pour qu’elle soit libérée des pesanteurs qui l’empêchent de jouer le rôle éminent qui est le sien dans la construction en continu de notre démocratie.
Voilà un thème mobilisateur pour tous ceux qui soutiennent le Président Macky SALL et qui ont œuvré pour son élection. A l’évidence Macy a fait le bon choix avec Mimi TOURE. Sa fermeté qui est en train de payer dans la traque des biens mal acquis doit être saluée. L e Gouvernement est allé trop, loin pour n’envisager aucune autre alternative que celle de remettre entre les mains de la justice toutes les personnes sur lesquelles pèsent de fortes présomptions d’enrichissement illicite. Ensuite, c’est la justice, en toute indépendance qui tranchera.
Du reste pour la réforme du code pénal, il appartiendra à l’Assemblée Nationale de décider, en dernière instance. En vérité si des peines d’inéligibilité n’étaient pas prononcées ; ceux qui ont volé le peuple blanchiraient leur argent sale à travers les élections. Et se pavaneraient comme s’ils étaient des bienfaiteurs ; alors qu’ils ne sont que des pilleurs sans foi ni loi.
Comment voler des milliards à des personnes aussi pauvres ? Comment se vautrer dans l’opulence alors que les GORGORLOU ne trouvent même plus le diable pour lui tirer la queue ? A ces deux questions il n’y a pas de réponse logique et rationnelle. Il y a une réponse irrationnelle, celle de l’égoïsme criminel et de la boulimie névrotique.

Mouhamadou. M. DIA
Prof de philo-Journaliste

4.Posté par SENTINELLE le 23/08/2013 10:20 | Alerter
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Definitely agree Monsieur DIA ! Rien à ajouter sinon que l'Assemblée Nationale doit impérativement voter à l’unanimité cette Loi, pour être digne de représenter le Peuple qui a élu ses députés.

5.Posté par jeanf le 23/08/2013 15:52 | Alerter
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Nous vous souhaitons une réussite éclatante ...

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